Une mauvaise nouvelle à annoncer...

Publié le par Fred

Papa est mort d’un cancer en septembre 2010. Et voilà que 2 ans plus tard, je remets ça sur le tapis. Oui, il y avait clairement un sentiment de culpabilité, de gêne. Ah bah voilà, monsieur veut faire le malin avec son cancer, comme si c’était le moment, tiens… Apparemment, ce genre de réaction est assez banal. J’ai appris ça dans quelques articles et quelques sites que j’ai consultés par la suite. La première chose que conseillent les psychologues est de bien assimiler le fait que la maladie n’est pas de notre faute, qu’il ne faut surtout pas se sentir coupable. Oui, c’est facile à dire comme ça mais moi, en ce deux janvier 2013, après avoir appris la nouvelle, je me sentais quand même coupable de quelque chose, rien à faire. La maladie de papa était encore bien présente et nous a tous beaucoup marqué. Il était hors de question de faire revivre ce genre de chose à quelqu’un. Même si je ne l’avais pas encore clairement formulé, je savais que ce combat serait une opération commando, moi contre la maladie. Et aussi Vanessa bien sûr, je ne peux pas la dissocier de moi. De toute façon, sans que je lui demande rien, elle commençait déjà à organiser la résistance pour nous deux. Une force spéciale en raid contre l’ennemi. J’ai appelé ma maman pour lui dire le diagnostic en essayant de minimiser le plus possible la chose. Je ne sais plus exactement ce que je lui ai dit, faut dire qu’à cette époque, je n’étais pas bien en forme. A mes frères et à ma sœur, j’ai envoyé un mail, je ne me sentais absolument pas la force de les appeler un par un pour leur annoncer ça. Dans mon mail, je leur disais que Vanessa et moi, on allait affronter la situation tous les deux et se battre ensemble et qu’eux devaient surtout s’occuper de maman. Avec ça, j’arrivais au bout de ce que j’avais envie de faire pour le moment. Les jours d’après, ça a été le tour des amis proches. Encore une fois, je ne savais pas trop comment annoncer ça. J’ai commencé par ma chef au boulot, C., qui s’inquiétait beaucoup pour moi. Je lui avais évidement déjà dit que je ne pouvais pas venir travailler et que les médecins essayaient de trouver ce que j’avais. Je n’ai pas trouvé la force de faire autrement que par texto. C’est elle qui m’a rappelé par la suite si mes souvenirs sont bons. Un coup de téléphone pas facile non plus pour elle je pense. J’ai prévenu ensuite diverses autres personnes comme ça, par texto, au fil des jours et suivant la dose de courage que j’avais sur le moment.

Publié dans A l'hôpital

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Nathalie 01/12/2013 16:16

Salut Fred,

Quand nous avons appris ce qu'il t'arrivait, nous sommes restés sans voix et sonnés, c'est pas possible!
Réalité très difficile à accepter par les proches, mais la plus grosse partie du combat il est bien évident qu'on la laisse au malade...Nous te soutenons, nous pensons souvent à toi, nous parlons souvent de toi avec les enfants et la famille et maintenant nous te lisons comme on lit un roman de Catherine Pancol! Merci pour ton témoignage.
Nous sommes fiers de toi et de ton combat!
Bonne chance à tous les 2.
Nath, Ben, Cloë et Robin du pays des tulipes.

Céline 27/11/2013 20:33

Finalement j'ai presque l'impression que tu étais plus préoccuppé par nous que par ce qui t'arrivait! On a bien senti que tu cherchais à tout prix à nous protéger et à te montrer fort et déterminé pour nous rassurer. Mais peut-être qu'on avait envie de voir l'autre côté de la médaille aussi et de pouvoir nous impliquer un peu plus à tes côtés. En tout cas ça fait du bien de pouvoir reparler à travers ce blog du ressenti de chacun. merci de nous permettre de mieux voir dans quel état d'esprit tu étais. c'est plus facile de comprendre à postériori certaines réactions.