Première hospitalisation, suite et fin

Publié le par Fred

Déjà le dixième article de ce blog ! Pour vous raconter simplement même pas trois semaines… A ce rythme-là, on n’est pas rendu…Bon cette fois, je vais en terminer avec cette première hospitalisation. De toute façon, je vous ai raconté déjà beaucoup de choses… Il ne reste plus que quelques détails et vous saurez absolument tout !

Pour commencer, je vous ai raconté en long, en large et en travers les mauvais moments que j’ai passés au cours de cette hospitalisation. Mais il ne faut pas croire, il y en a eu quelques-uns de bons quand même ! Ils sont pour la plupart associés à une évolution positive de mon état de santé ou de la situation en général. Par exemple, je vous ai déjà parlé du sentiment de libération quand ils m’ont retiré ma sonde gastrique. Enfin, quand ils m’ont retiré ma deuxième sonde gastrique… la première, ça n’avait pas été vraiment une réussite… De toute façon, à chaque fois qu’on me débranchait quelque chose, j’étais content, je me sentais plus libre et plus proche de la sortie. Il y a également eu des petits moments qui vont vous sembler anodins voire carrément ridicules mais qui m’ont énormément marqué et dont je me souviens parfaitement encore maintenant.

Le plus emblématique de ces moments fut le jour où mon infirmière est venue dans ma chambre avec un grand verre d’eau fraîche. C’était le premier janvier 2013. Elle l’avait délicatement posé sur mon plateau en me disant d’y aller doucement, de ne pas boire tout d’un coup. J’ai regardé ce verre d’eau quelques minutes sans oser le toucher. Je n’avais rien avalé ni rien bu depuis le 24 décembre. Le fait de tremper mes lèvres dans l’eau, de prendre une petite gorgée dans la bouche et ensuite de l’avaler, comment dire, c’était indescriptible. C’était rien et tout à la fois. Du pur bonheur. Et par la suite, ce sentiment s’est renouvelé quand on m’a fait prendre mon premier bouillon. En vérité, il était infâme, presque sans goût et pas du tout salé, mais sur le moment, c’était un vrai velouté de grand chef étoilé. Et ceci s’est répété à chaque redécouverte d’un aliment. Première biscote au beurre, un chef d’œuvre de la pâtisserie… Première assiette de nouilles, un voyage en toscane et ses tortellini alla panna et pici… Premier steak haché, véritable chateaubriand sauce béarnaise et pommes de terre château… Bon, la réalité a vite repris ses droits, hein, ils m’ont regardé avec des yeux tout ronds sans comprendre quand un soir, j’ai dit que pour mon dîner, je reprendrais bien leur filet de saumon à l’unilatéral et ses pommes sautées au persil… J’ai dû me contenter d’un pauvre poisson pané avec des patates à l’eau pas salées et juste un petit citron pour relever tout ça… La magie avait disparu…

Si mes souvenirs sont bons, je vous ai dit dans un précédent article que C.V. voulait me réopérer le plus rapidement possible pour enlever la tumeur primitive de mon colon. Cette opération était normalement prévue le 3 janvier. Mais la veille, elle est venue me voir en me disant qu’après consultation et étude de mon cas en comité, ils avaient changé d’avis et préféraient attaquer d’abord la tumeur avec de la chimiothérapie pour la réduire au maximum et ainsi faciliter l’opération par la suite. La bonne nouvelle c’était que je n’aurais pas à subir une nouvelle fois tout ce qu’impliquait une opération du système digestif, à commencer par ces foutues sondes gastriques. La mauvaise, c’était que j’allais devoir garder ma stomie un petit moment. Jusqu’à maintenant, je ne m’en occupais pas trop car ils étaient censés l’enlever et rétablir tout le circuit en même temps qu’enlever la tumeur. A partir de ce jour, il allait falloir apprendre à vivre avec. Pour cela, j’ai eu l’immense chance de connaitre Mme M.M., stomathérapeute du service, vraiment très concernée par ses patients et leur bien-être. Elle a essayé un million de types de matériel sur ma stomie pour vraiment sélectionner celui correspondant le mieux à mon cas et surtout celui qui m’embêterait le moins dans la vie de tous les jours. Elle n’a pris sa décision que le dernier jour de mon hospitalisation et m’a alors fait une ordonnance de trois kilomètres pour que je commande les pièces précises qu’elle avait sélectionnées pour moi. En fait, une poche de stomie se décompose en deux éléments distincts : un support qui se colle sur la peau et qui entoure le plus étroitement possible le bout de colon qui ressort, et une poche qui se fixe sur le support et qui est censée recueillir la matière fécale issue de la digestion. Le tout doit être le plus hermétique possible pour éviter des problèmes évidents de fuite. J’ai également eu droit à des conseils alimentaires pour éviter des problèmes de diarrhées ou de constipation, peu recommandés quand on a une stomie. J’ai aussi eu droit à une ordonnance pour qu’une infirmière vienne à la maison pour changer tout le matériel. C’était facile de changer de poche quand elle était pleine mais c’était moins évident de changer le support. Mais vous allez très vite apprendre, elle m’a dit, vous n’aurez bientôt plus besoin qu’une infirmière vienne, vous vous débrouillerez vite tout seul … Mais bien sûr… Sauf que moi, je ne voulais pas me débrouiller tout seul ! Alors j’ai fait venir les infirmières le plus longtemps possible...

Ma sortie de l’hôpital était prévue le 8 janvier, en début d’après-midi. Le 7 janvier, j’avais rencontré mon médecin oncologue référent, le docteur B.H. Il était venu me voir pour faire un peu ma connaissance et discuter de mon cas et de ce qu’il envisageait comme traitement pour moi. Il m’a bien expliqué qu’ils avaient été surpris de découvrir cette pathologie chez moi car je ne corresponds pas du tout au modèle type de ce genre de cancer. Les personnes touchées sont plutôt âgées entre 50 et 60 ans. Il m’a aussi répété que mon cas était grave mais qu’on allait tous se battre et que ma jeunesse était un gros atout dans mon cas car j’allais encaisser plus facilement les chimios et me remettre plus rapidement des opérations par lesquelles j’allais passer dans le futur. Avant de me laisser, il m’a dit qu’on allait se revoir de toute façon le 8 et que ma première séance de chimio allait commencer le 10 janvier. Aucune perte de temps donc. Ce qui était évidement une très bonne chose pour moi. Je devais donc sortir le 8. Mais franchement avec Vanessa, on n’était pas trop chauds pour ça… On avait pris nos habitudes dans le service et nous retrouver d’un coup tout seul dans notre appartement, à devoir tout gérer et reprendre une vie normale ne nous emballait pas trop. On a discuté de ça avec M. l’infirmière et elle s’est montrée parfaitement compréhensive. Encore une que nous avons eu de la chance de croiser sur notre route !.... Le plus étonnant pour elle était que d’habitude, les patients pleuraient pour rentrer chez eux. Nous c’était l’inverse, on ne voulait pas partir ! Ça l’a fait beaucoup rigoler sur le coup ! Après avoir consulté sa chef de service, elle a pu repousser notre sortie au 9 janvier, dans l’après-midi. Voilà, la seule chose qui restait donc à faire était de passer voir le docteur B.H. et l’infirmière d’annonce du service oncologie pour qu’elle nous explique concrètement comment ma chimio allait se passer. Pour cela, elle nous avait imprimé plein de feuilles expliquant précisément le protocole ainsi que tous les effets secondaires qui pouvaient éventuellement survenir. Pendant plus de deux heures elle nous a parlé et quand on est sorti de là, on était bien content de retourner tranquillement à la chambre d’hôpital plutôt que de devoir rentrer à la maison. On avait vraiment la tête pleine et moi je n’espérais qu’une seule chose, ne pas connaitre tous ces effets secondaires car ça serait carrément l’horreur cette chimio.

Après une dernière nuit un peu agitée (cf n°4 du top 5 précédent...), on a tranquillement préparé nos affaires le lendemain matin et en début d’après-midi, une ambulance est venue nous chercher pour nous ramener à la maison. Et c’est ainsi que se termine le chapitre sur ma première hospitalisation du 25 décembre 2012 au 9 janvier 2013.

Publié dans A l'hôpital

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Céline 12/12/2013 21:58

Voilà la première étape de ton récit rondement menée. On attend la suite avec impatience!
Dans cette dernière partie j'ai particulièrement aimé quand tu décris à quel point un simple verre d'eau t'avait comblé! C'est vrai qu'on a tendance à ne pas apprécier les choses à leur juste valeur. C'est quand on les perd momentanément qu'on en comprend le prix !