La chimio et moi, épisode 3

Publié le par Fred

Eh oui, me revoilà déjà ! Deux articles dans la même semaine, ça faisait un petit bout de temps que ce n’était pas arrivé ça… Mais passons tout de suite aux choses sérieuses. Comme je vous l’annonçais précédemment, je vais vous parler d’un petit incident que j’ai eu avec ma chambre implantable. Déjà, je viens de faire une découverte incroyable qui bouleverse complètement ma vision des choses ! Je vous parle depuis le début de mon pack, par où on m’injecte mes produits de chimio… Grossière erreur ! Mais erreur tout à fait compréhensible : tout le monde me parlait de ce pack … Mais en fait, ils parlaient de mon P.A.C ! Porte-A-Cathéter ! Eh oui ! Rien à voir avec un pack ! Vous auriez pu me dire que je racontais n’importe quoi quand même rhooooo…

Bon bref, le problème que j’ai eu s’est produit lors de ma cinquième séance de chimio, en mars 2013. Déjà, lors de la quatrième, les infirmières d’oncologie avaient remarqué quelque chose d’étrange : quelque chose de blanc apparaissait au niveau de la cicatrice du PAC. Tout le monde dans le service est venu voir ça mais personne n’était vraiment sûr de ce que c’était. Deux tendances se dégageaient quand même : soit c’était du tissu cicatriciel, soit c’était le PAC qui commençait à ressortir. Un spécialiste a même été appelé, le docteur T. Le docteur T. est spécialiste de la pose de PAC, il ne fait que ça de ses journées pour ainsi dire, poser des PAC. Il a regardé aussi le problème quelques instants et m’a demandé de venir le voir à la fin de la chimio pour voir comment cela évoluait. Ainsi, exceptionnellement, je suis retourné à l’hôpital en J3 pour me faire débrancher et pour que T. regarde ma cicatrice. Il a fait poser par une infirmière un espèce d’emplâtre sur la cicatrice en me disant que ça allait aider la peau à se renforcer. Il m’a quand même dit de revenir le voir une semaine après pour voir comment ça évoluait. Le rendez-vous était fixé à l’hôpital Saint-Jean où il était en poste. Il ne venait à Saint-Joseph qu’en détachement. Donc Vanessa et moi étions là à l’heure et l’endroit dits. On a attendu quelques instants et c’est alors que je reçois un coup de fil du docteur T. « Où vous êtes, il me dit, vous avez oublié notre rendez-vous ?

  • Ben non, je n’ai rien oublié du tout, je suis devant votre bureau, je vous attends…
  • Devant mon bureau ? Mais je n’ai pas de bureau ! Bon expliquez-moi où vous êtes, je vais vous trouver…
  • Alors je suis rentré par la porte principale, je suis monté au premier étage et j’ai suivi la direction ‘consultations’ comme vous me l’avez dit…
  • Ok, mais vous êtes du coté St Jean ou du coté Ste Geneviève ?
  • Euh, comment ça du côté ? Côté St Jean je suppose, comme vous aviez dit…
  • D’accord. Quelle porte ?
  • Ben la porte principale… Je ne sais pas s’il y en a d’autres…
  • Mais si, chaque porte a son numéro ! Vous avez dû voir quand vous êtes rentré !
  • Non, je n’ai rien vu, j’ai vu aucun numéro sur la porte !
  • Mais si ! par exemple, votre service onco est porte n°7 ! On peut se retrouver là-bas, ça sera plus plus pratique ! »

Et c’est là que j’ai enfin compris ce qu’il me racontait et qu’on a pu arrêter ce dialogue de sourd qui durait depuis 10 min. Il était à l’hôpital St Joseph, hôpital qui est divisé en deux parties : la galerie St Jean et la galerie Ste Geneviève. Nous nous étions à l’hôpital St Jean et non pas côté St Jean de l’hôpital St Joseph ! Mais oui, bon sang mais c’est bien sûr, on s’emmêle facilement les pinceaux avec tous ces saints… Une fois que je lui ai clairement expliqué où nous étions et où il aurait dû être aussi, le docteur T. a enfourché son scooter et 10 min après, il était avec nous.

Il nous a fait entrer dans son bureau et m’a dit de m’installer sur la table d’examen. Il a ensuite regardé ma cicatrice et n’a pas semblé super emballé par ce qu’il voyait. Il a changé l’emplâtre et m’a dit qu’on allait quand même essayer de faire la prochaine chimio, même si ça ressortait un peu. C’est clair que je n’ai jamais fait d’études de médecine mais quand on dit que quelque chose « ressort un peu », il ne faudrait pas s’inquiéter un peu plus que ça ?

Une semaine plus tard était prévue ma cinquième chimio. Et il était alors évident que ce n’était pas du tissu cicatriciel : un bout du PAC sortait maintenant clairement de la cicatrice, malgré l'emplâtre de T. Les médecins et les infirmières d’annonce, le docteur T. n’était pas là ce jour-là, ont disserté un petit moment sur la possibilité de faire quand même le traitement mais l’infirmière qui devait me brancher a refusé catégoriquement de me piquer dans ces conditions, ce qui a mis tout le monde d'accord. La chimio a donc dû être repoussée d’une semaine et on m’a programmé en urgence une opération avec le docteur T. Au mieux, il parvenait à réinsérer le PAC convenablement, au pire, il sortait tout et en remettait un tout neuf ailleurs.

L’opération s’est déroulée à l’hôpital St Joseph, dans le bloc opératoire que je commence à bien connaître maintenant… Cette fois, le docteur T. était au bon endroit et l’opération a pu se faire tranquillement, sans problème majeur. Je n’ai pas été endormi, j’ai juste eu une anesthésie locale, comme lors de la première pose par le docteur C.V. C’est le docteur T. qui s’occupait de tout, un infirmier restait dans une salle voisine et observait pas une vitre si on avait besoin de lui. T. maîtrisait parfaitement son sujet et après avoir réfléchi quelques instants sur la bonne solution à prendre, il s’est mis au travail. Il bavardait un peu avec moi, enfin il essayait. Moi je ne répondais que par oui ou par non. Pas envie de raconter ma vie ou en sortir une bien bonne pendant qu’il avait un scalpel dans ma poitrine… Il m’a expliqué qu’il allait tout simplement essayer de pousser le PAC un peu plus loin de la cicatrice. Je l’ai senti donc pousser, tirer et je sentais un poids se déplacer dedans moi… encore une fois, sensation très bizarre… Je n’étais pas très inquiet mais à chaque fois que je jetais un coup d’œil à T. je voyais sa blouse se recouvrir de toujours plus de sang. Une vraie boucherie… Quand il jugea le PAC parfaitement positionné, T appela alors l’infirmier pour qu’il lui apporte le matériel pour recoudre. Il voulait un fil très particulier, d’une matière et d’une épaisseur spéciale mais au début, l’infirmier n’en trouvait pas… Ce qui avait le don d’énerver T. Au bout de quelques instants de recherche, le fameux fil a enfin été trouvé et j’ai pu être recousu comme T. le voulait. J’ai fini par jeter un coup d’œil à ma poitrine. Je m’attendais à voir un vrai carnage avec tout le sang qui avait été projeté sur la blouse du docteur T. Mais non, pas du tout. C’est à peine s’il avait un peu élargi la cicatrice déjà existante. Finalement, il a recouvert le tout avec un petit pansement et a déclaré que c’était bon, il avait pu faire à peu près ce qu’il voulait et que j’allais être tranquille maintenant. Et effectivement, la semaine suivante, j’ai pu effectuer ma cinquième séance de chimio et depuis, je n’ai plus jamais eu de problème avec mon PAC.

Publié dans chimiothérapie

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Marie-Jeanne 11/01/2014 10:05

Je ne m'attendais pas à voir un nouvel article aujourd'hui, tu es en ballade à Morillon !
Quelqu'un t'a donc dit pour le PAC ! Ou tu as découvert par hazard ? Bon après on savait ce que c'était !
Pack ou PAC peu importe ! Bientôt la dernière chimio du protocole ! Jeudi comme d'hab ?
Bon retour demain ! Je vous embrasse tous les deux !