Le calvaire des nausées

Publié le par Fred

Bonjour tout le monde ! Content de vous revoir ! Il faut à tout prix que j’essaye de vous écrire au moins une fois par semaine ! J’ai encore beaucoup à vous raconter alors il ne faut pas que je traîne… Je vais bientôt vous parler de ma deuxième opération qui s’est déroulée en juin 2013. Je commencerai un prochain article car aujourd’hui, j’ai encore une ou deux choses à vous dire sur mon protocole de chimiothérapie et en particulier sur l’effet secondaire qui me touche le plus : les nausées.

En fait, je n’ai pas beaucoup à dire sur les nausées en elles-mêmes, c’est toujours pareil : envie de vomir, avoir toujours une cuvette au bas du lit, se dire que cette fois, c’est bon, j’y passe, les bouffées chaudes montent, je vais vomir… mais en fait, non, rien ne sort. Tout ça, c’est toujours la même chose et le pic de ce phénomène se produit entre le J1 et le J2 de la chimiothérapie. Non. Le plus intéressant se produit au niveau psychologique. Enfin, quand je dis intéressant, je me passerais bien de ce côté « intéressant », hein… Je vais seulement parler de mon expérience à moi, peut-être que pour d’autres patients, ça ne se passe pas du tout comme ça. Au début, c’étaient vraiment les médicaments de chimio qui provoquaient mes nausées. Mais au fil du temps, ma petite cervelle est entrée en action et tout s’est compliqué.

D’abord sachez que quand on est en salle de chimio, une dame se promène avec un petit chariot pour nous apporter des bouteilles d’eau (on a toujours droit à notre petite bouteille d’eau cristaline quoiqu’il arrive), des cafés, du coca et à midi elle passe parmi les malades pour proposer des sandwichs, des salades, des fruits etc… Au début de mon traitement, je voyais cette dame arriver avec plaisir et je lui demandais plein de choses. Maintenant, je ne peux pu la voir. Mon cerveau a assimilé les nausées à un certain nombre de choses et même si je ne suis pas sous traitement, le simple fait de voir ces choses déclenche mes nausées. Quand je me promène dans le rayon eau minérale d’un grand magasin, je ne peux pas regarder les bouteilles de cristaline sans avoir envie de vomir. En fait, c’est une perpétuelle fuite en avant : on m’a conseillé de boire du coca pour lutter contre les nausées et effectivement, ça a marché un temps. Mais petit à petit, mon cerveau associe ce que je prends contre les nausées à ces fameuses nausées et maintenant, le coca me donne la nausée. Etonnant non ? C’est comme la prise de sang deux jours avant la chimio. En théorie, à ce moment-là, je suis en bonne forme et je ne ressens plus les effets de la précédente séance de chimio. Et bien je vous le donne en mille, dès que je vais faire cette fameuse prise de sang, les nausées font leur retour. Les psychologues m’ont dit que beaucoup de patients leur parlaient de ce phénomène psychologique. Ils appellent ça les nausées d’anticipation. D’ailleurs ce n’est pas forcément psychologique, c’est surtout un réflexe du corps et on n’y peut pas grand-chose. Mon odorat s’est altéré également. Quand j’arrive à l’hôpital, dans les salles de traitement, je trouve que ça sent « la chimio »… Vanessa, elle, ne sent absolument rien.

Comme les facteurs déclenchant évoluent sans cesse, je suis toujours en recherche de choses qui soulagent mes nausées. Je suis passé par le coca, ensuite par le jus de grenade, ensuite par les grissinis au romarin (à ce propos, j’ai eu droit à une petite leçon de prononciation par l’oncologue italien que je vois de temps en temps… Quand je lui ai raconté ma petite solution anti-nausée du moment, il était tellement content de mettre en avant ces fameux grissinis italiens qu’il m’a fait répéter ce mot une bonne centaine de fois… et ensuite c’est parti en cacahuète et j’ai dû répéter après lui plein de mots italiens comme pasta, buongiorno, grazie mille, Ferrari et tutti quanti…) , ensuite par les patates grillées, ensuite par le jus de pomme, ensuite par l’ice-tea, ensuite par le nectar multi-fruits et l’étape powerade vient juste de se terminer. En ce moment, le jus de raisin me fait du bien mais je ne sais pas pour combien de temps encore !... Bien sûr on m’a également prescrit quelques médicaments contre ce phénomène : du zophren, soit disant très efficace mais qui à moi ne me fait quasiment rien, du vogalène, un poil plus efficace que le zophren, et dernièrement, de l’emend qui doit encore faire ses preuves. Je prends aussi des granules homéopathiques, l’ipéca 30, et c’est presque ça le plus efficace… Au début du traitement, j’essayais de faire passer les nausées avec des choses naturelles. Bon ok, naturel n’est pas forcément le premier mot qui vient à l’esprit quand on parle de coca cola, mais en tout cas, j’essayais de ne pas me bourrer tout le temps de médicaments. Au début ça allait, j’y parvenais. Mais petit à petit, j’ai vraiment eu besoin de médicaments pour m’aider. Maintenant que j’ai changé de protocole de chimio, je ne peux plus m’en passer, surtout dans la nuit du J1 au J2 et même avec ça, c’est très difficile.

En séance de chimio, pour le déjeuner, la dame du charriot propose des sandwichs triangulaires au pain de mie. Ces sandwichs ont duré 3 semaines et après je ne pouvais plus les voir. Encore maintenant, dans les rayons frais des supermarchés ou sur les aires d’autoroute, je ne supporte pas de voir ces sales petites boites triangulaires… Je suis passé après par des salades fraicheurs mais ces machins-là ont encore duré moins longtemps. De toute façon, elles n’étaient pas super bonnes donc aucun regret. Maintenant, j’amène mon propre manger… Rien de ce que la dame propose me fait envie et c’est même tout le contraire… Je lui prends à la limite une pomme ou un yaourt et je la fais gentiment partir, ça va aller, merci beaucoup, dégage avec ton chariot pourri...

Bon, désolé, mais malheureusement, je pense que cet article va s’arrêter là : le simple fait de parler de toutes ces choses me donne la nausée en ce moment… Ou alors je parle d’autre chose. Oui faisons donc ça, changeons de sujet. Je vous invite donc à passer à l’article suivant…

Publié dans chimiothérapie

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Aurélie 27/01/2014 08:04

Tu as peut être essayé mais j'ai des patients qui utilisent de l'alcool de menthe soit avec un diffuseur dans la pièce soit sur un mouchoir ou même quelques gouttes sur leurs vêtements... Pour certains ça les aide ! Très gros bisous Fredo ! Et gros bisous aussi à ta petite femme qui est incroyablement courageuse !