A table !...

Publié le par Fred

Re-bonjour tout le monde ! Non, rassurez-vous, je n’ai pas laissé tomber ce blog ! Je pense avoir encore beaucoup de choses à vous raconter donc il y aura encore beaucoup d’articles à venir… Par contre, peut-être que je vais être un petit peu moins régulier. Eh oui, figurez-vous que je me suis lancé dans quelques projets personnels et j’ai beaucoup de travail… C’est dingue mais je n’ai jamais autant travaillé que depuis que je suis en arrêt de travail… Bon bref, assez parlé, commençons enfin cet article.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une chose bien particulière qui a beaucoup changé dans notre vie depuis le début de ma maladie : l’alimentation. Avant tous ces événements, avec Vanessa, on ne peut pas dire qu’on attachait beaucoup d’importance à ce qu’on mangeait. Un soir normal de semaine, quand on rentrait tous les deux d’une journée de boulot, s’embêter à cuisiner était une de nos dernières préoccupations. Mis à part de temps en temps où l’on se faisait plaisir en cuisinant de bonnes petites recettes péruviennes ou françaises, c’était souvent plats cuisinés/micro-onde, pizza ou grignotages de tout et n’importe quoi devant la télé par flemme de préparer quelque chose. Oh ne vous moquez pas trop, bandes de petits gredins, je suis sûr que vous faîtes souvent la même chose ! Que ceux qui n’ont jamais micro-ondé un plat préparé surgelé me jettent le premier cheeseburger… Après ma première hospitalisation, les choses ont radicalement changé.

Déjà, pendant cette hospitalisation, beaucoup de personnes m’ont fait prendre conscience qu’on allait devoir faire très attention. Le principal problème qui allait se poser à ce moment-là pour moi était la gestion de ma poche de stomie. Si je recommençais à faire n’importe quoi comme avant, il y avait de fortes chances que j’en paye le prix dans cette poche. Il était impératif que je m’alimente bien pour ne pas provoquer de gros problèmes dans mon transit. Croyez-moi, si vous avez une stomie, vous n’avez surtout pas envie de connaitre des épisodes de diarrhées ou de constipation… Un diététicien nous avait fait alors un long topo sur ce qu’il était bon de faire et sur ce qu’il fallait éviter au maximum. On m’avait donc conseillé d’éviter les crudités, le lactose, la viande rouge et en général tout ce qui était difficile à digérer, et il fallait privilégier les viandes blanches et les poissons ainsi que les légumes cuits et les soupes. (À propos de soupe, il faudra vraiment que je vous raconte une drôle d’histoire qui m’est arrivée à la fin du mois de février 2013. J’ai complétement oublié de vous en parler avant…Mais ça va devoir attendre un petit peu, j’y reviendrai plus tard…) Les féculents (pâtes et riz) étaient aussi conseillés car le risque de diarrhées était fort juste après ma sortie de l’hôpital. Finis donc les plats cuisinés et le grignotage. Dorénavant, on allait cuisiner par nous-même, prendre le temps qu’il fallait pour ça.

Ainsi, petit à petit, on s’y est mis, on a cuisiné, on a fait des courses intelligentes, on a pris notre temps pour bien choisir ce qui allait terminer dans notre assiette. On est reparti sur des bases saines et depuis ce temps on s’y tient à peu près. Il faut dire aussi que si, au départ, ce changement d’habitudes alimentaires était dû à ma stomie, par la suite, après avoir lu beaucoup de choses sur le sujet un peu partout, on s’est vite rendu compte que c’était également très bon et même impératif pour lutter contre ma maladie. Eh oui, il ne faut pas être grand druide pour se dire que l’alimentation à peut-être un peu quelque chose à voir avec un cancer du côlon… Il existe beaucoup de littérature sur ce sujet et ça peut très vite partir dans le grand n’importe quoi. Mais de grands principes ressortent chez un peu près tout le monde. Déjà, la première chose à savoir est que les cellules cancéreuses se nourrissent essentiellement de sucre. Eviter le sucre est donc déjà une première étape très importante. Bien sûr, on ne peut évidemment pas le supprimer complétement. Et parfois même, j’ai été confronté à de gros dilemmes. Il faut éviter le sucre mais dans les moments de fortes nausées que je traverse, ce qui me soulage est principalement des produits sucrés… Pas évident tout ça. Mais bon, je pense qu’on a quand même réussi à réduire notre consommation. Ensuite, on a appris à privilégier certains aliments, pour la plupart des antioxydants naturels, qui seraient très efficaces contre la prolifération des cellules cancéreuses. Notez que je garde intentionnellement le conditionnel. J’ai trop observé de gens affirmer péremptoirement des choses sans le moindre petit début de preuve scientifique. En général, d’autres illuminés de la même espèce affirment exactement le contraire d’une façon toute aussi péremptoire alors… Une épice qui serait très efficace dans cette lutte est le curcuma. J’en utilise assez souvent sur mes viandes ou sur mes légumes. Pour moi, elle n’est pas trop forte et passe bien partout. Et surtout elle génère une belle couleur jaune dans l’assiette ! C’est un des composants principal du curry et comme par hasard, certaines études effectuées en Inde montrent que ces populations, grosses consommatrices de curry sont moins touchées par certains cancers que notre population occidentale. Coïncidence ? J’ai également lu une chose très importante sur le curcuma. Utilisé tout seul, il serait déjà bien efficace mais son action serait quand même limitée car ce n’est pas un aliment très facile à assimiler pour le corps humain. Mais utilisé avec du poivre noir, son assimilation, et donc son efficacité, serait multipliée par dix ! Et comme par hasard, que retrouve-t-on également dans le curry ? Eh oui, du poivre noir… Il existerait comme cela des associations d’aliments très efficaces. Par exemple, le thé vert est très bon comme antioxydant. Mais associé à du thym, son pouvoir serait lui aussi démultiplié…

Je ne peux pas faire une liste exhaustive de tous les aliments que conseillent les diététiciens dans la lutte contre le cancer. Comme ça en vrac, en voici quelques-uns qu’on utilise plus dans notre alimentation : ail, oignon, fraises et petits fruits rouges, grenade, tomates. Le chocolat à haute teneur en cacao (genre 70%) est assez conseillé également. Ensuite, il y a tout ce qui est brocoli, choux de Bruxelles, épinard qui seraient très bons. Mais ça, on a un peu plus de mal… (Surtout les choux de Bruxelles, mon cauchemar culinaire personnel…) J’essaye également d’utiliser quelques aliments en provenance directe du Pérou. Presque tous les soirs, je me fais une tisane d’uña de gato. Ça veut dire griffe de chat en espagnol et c’est une plante qui pousse dans la forêt amazonienne. Elle est connue là-bas pour renforcer le système immunitaire. Je prends aussi de la maca, un fortifiant qui est censé redonner de la force et de l’énergie, tout en combattant les effets du stress. Et puis bien sûr, on mange régulièrement du quinoa. Maintenant, les choses qui fâchent… Tout ce qui est saucisson et charcuterie en général est déconseillé... Oui je sais, ça a fait mal, mais je peux vous garantir que peu de diététiciens ne fait l’éloge de ces produits… Mais d’un autre côté, il ne faut pas non plus être totalement sectaire, hein… Une petite tranche de bon saucisson de Haute-Savoie de temps en temps, c’est quand même bon pour le moral ! (attention, quand je dis de temps en temps, ce n’est pas de temps en temps dans la journée, hein… c’est de temps en temps dans l’année !) Pareil pour la viande rouge. Au début, on l’avait complétement supprimée. Mais elle apporte quand même un tas de choses nécessaires à l’organisme donc on l’a réintroduit un peu à nos menus… Mais une ou deux fois par semaine, ça reste largement suffisant…

Il y aurait moyen d’être beaucoup plus pointu que ce que je vous ai dit là. J’ai vu dans des articles que certains aliments sont très bons quand ils sont cuisinés d’une certaine façon mais qu’ils deviennent nocifs préparés d’une autre… Nous, on n’a pas envie d’en arriver à un tel souci dans le détail… Le pas qu’on a franchi est déjà énorme par rapport à où on en était au départ donc on est assez content de nous. Une chose qu’il faut aussi que je vous précise est qu’on essaye au maximum d’acheter des produits bios maintenant. Avant tous ces événements, on ne s’y intéressait que rarement, on regardait de loin mais on n’était pas du tout adepte. Pour tout vous dire, une des rares fois où on était entré dans un magasin bio, la seule chose que l’on avait achetée fut… un paquet de chips !... Le bio est un peu plus cher, on ne peut pas dire le contraire, mais ce n’est pas beaucoup plus cher comme certains l’affirment. Surtout que maintenant, les grandes surfaces se sont mises aussi au bio et on n’y rencontre maintenant dans chacune d’elles des rayons bios. Ce label est quand même un gage de qualité, on le constate vraiment. J’espère qu’ils ne vont pas tout nous le casser comme ils l’ont fait avec des pans entiers de l’agro-alimentaire. Si un scandale alimentaire éclate dans la filière bio, qu’est-ce qu’on fait ? On redevient chasseur et cueilleur dans la forêt ? Bon nous, on a la forêt de Meudon tout à côté, on ne serait pas les plus à plaindre !

Bien sûr, je ne veux convaincre personne, hein. Depuis le début de cet article, je vous raconte tout ce qu’on a changé Vanessa et moi. Ce n’est pas de nouvelles tables de la loi que vous devez dorénavant respecter à la lettre sous peine de châtiments. C’est notre expérience à nous, c’est notre cheminement personnel. Si de votre côté, une bonne tranche de saucisson à l’apéro tous les soirs vous fait du bien, ne vous privez surtout pas ! Il y aura peut-être une étude scientifique démontrant les bienfaits du saucisson dans quelques années. Encore une fois, j’ai lu tout et son contraire un peu partout donc, finalement, qui détient la vérité ? (Euh, si vous lisez une telle étude quelque part, un jour, surtout, vous ne gardez pas l’info pour vous, d’accord ? Vous partagez aux copains…) Pareil, je ne vous demande pas de tous vous précipiter dans les magasins bios dès demain. Non. Faites à votre façon, comme vous le sentez. Encore une fois, il n’y a pas une seule vérité.

Maintenant, je vais faire un petit point sur ma situation actuelle. La dernière fois, je vous racontais que ma neuvième cure de chimio m’avait bien mis la tête à l’envers mais qu’il fallait à tout prix changer d’état d’esprit pour la suivante, qu’il ne fallait pas se laisser aller, ne pas la laisser prendre le dessus. Eh bien figurez-vous que cet état d’esprit combatif fait toute la différence, je l’ai constaté sur mes deux dernières cures (la dixième et la onzième). J’ai vraiment essayé d’adopter un état d’esprit positif et j’ai beaucoup mieux encaissé ces cures-là. C’est sûr qu’il y a toujours de la fatigue, de fortes nausées qui minent le moral au plus haut point les premiers jours. Mais en restant bien concentré, sans laisser venir les idées noires tourner trop longtemps dans la tête, j’ai pu reprendre le dessus relativement rapidement et ça fait du bien de voir que ces petits moments de combat finissent par payer. Mardi prochain, c’est théoriquement ma dernière séance de chimiothérapie. Bon il faut encore que les médecins valident mon bilan sanguin d’ici-là. Et ensuite, il faut aussi que les médecins se remuent le popotin pour me faire faire un scan et s’il est normal, enclencher l’opération de mon poumon droit pour début juin. Ça fait beaucoup de si mais ça devrait pouvoir le faire, ça m’embêterait de devoir repasser par la case chimio une fois de plus…

Pour terminer, je vais dédier cet article à toutes les personnes qui ont dû faire face au cancer et qui malheureusement ont dû baisser pavillon devant cette maladie. Une énorme pensée pour elles mais aussi pour toutes les personnes qui restent après, dans le chagrin. Courage à tous, je vous envoie toute mon affection.

Publié dans Vie quotidienne

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Pierre 11/05/2014 15:05

Salut Fred, on ne se connaît pas mais j'ai découvert et dévoré ton blog ce week end. Ce petit commentaire pour te dire que je me suis trouvé deux points communs avec toi : j'habite Clamart et j'ai adopté la même philosophie que toi face à la maladie. Même si mon vécu est à ce jour bien moins lourd que le tien : une opération de "néphrectomie élargie" et 9 mois de chimio pour mon cancer du rein découvert fin 2012 à 48 ans, la lecture de ton récit m'a fait revivre mes propres expériences. Alors RV quand tu veux pour une bière, un coca ou un verre de Vichy St Yorre, j'habite dans le quartier de la Fourche. Bises à Vanessa.
Pierre

Marie-Jeanne 04/05/2014 22:55

Oui Fred, on pense plus particulièrement à Emilie et à ses enfants et petits enfants dans la peine !
Je comprends maintenant pourquoi t'as eu du mal à enfanter de cet article ! C'est pas simple d'expliquer tout le cheminement de votre changement d'alimentation ! Toutes les recherches que tu as dû faire ! Te faire ta propre opinion et la mettre en pratique dans votre vie de tous les jours ! J'ai bien vu que beaucoup de choses avaient changé dans la manière de vous nourrir ! C'est exigeant, surtout pour le saucisson !!!!
Quant à ta manière de prendre de haut toutes ces vilaines nausées, chapeau !!!!
C'est sûr que de faire face au lieu de se laisser envahir par le problème est payant ! Mais tu as beaucoup de courage ! Je t'admire, je vous admire tous les deux car Vanessa te soutient de tout son coeur ! Je vous embrasse très fort mes enfants !