Effets secondaires, le retour...

Publié le par Fred

Ah, y’a des fois où vraiment, on ferait mieux de se taire… Je pense que je me suis auto-porté la poisse dans mon dernier article ! Il y a 10 jours, ça aurait dû être ma douzième et dernière chimio avant mon opération au poumon droit… Que nenni, je vais m’en refaire une petite, cette semaine ou la semaine d’après, suivant mon bilan sanguin… argh… En fait, je dois faire un scanner vendredi prochain pour voir l’état de mon poumon gauche. L’opération du droit ne pourra se faire que si rien n’est revenu dans le gauche, ce qui est logique. Comme ça prendra un peu de temps pour tout organiser après le scanner, ils préfèrent ne pas trop me laisser longtemps sans chimio, pour ne pas prendre de risque… donc me voilà reparti pour un tour !...

Bon, passons aux choses sérieuses : qu’est-ce que je vais vous raconter aujourd’hui ? En fait, depuis le dernier article, j’ai trouvé mon sujet : les petits effets inattendus et surprenants de la chimio. Je vous ai déjà parlé du gros souci, du principal problème que me font mes séances de chimio. Il s’agit des nausées… mais il n’y a pas que ça, il ne faut pas croire !... Quelques autres charmants petits effets apparaissent aussi de temps en temps, vous allez voir… J’ai pensé à vous parler de ça quand m’est revenue à la mémoire cette histoire de soupe dans l’article précédent. Il s’agit d’effets secondaires de la chimio mais pas très réguliers, qui me tombent dessus sans prévenir et qui repartent très vite pour la plupart. Donc commençons par cette histoire de soupe… En effet, il m’en est arrivée une bien bonne en février 2013… A cette époque, je venais de commencer mon premier protocole de chimio et j’avais déjà fait quatre ou cinq séances. Au début de ce protocole on m’avait averti que je pourrais avoir quelques effets secondaires au niveau de la bouche et des dents. Les gencives pouvaient être affaiblies et provoquer quelques désagréments et il était impératif d’avoir une excellente hygiène bucco-dentaire. Au début tout allait bien mais un jour de février, ces effets secondaires se sont manifestés brusquement chez moi… ça s’est traduit par une espèce de poussée de mes dents de sagesses (qui jusque-là se tenaient tranquilles mais qu’il fallait quand même que je surveille car elles étaient toutes plantées n’importe comment dans tous les sens, dixit un dentiste que j’avais consulté…) Cette poussée m’a complètement bloqué la mâchoire pendant presque dix jours. Impossible d’écarter les dents de plus de quelques millimètres. Les dents avaient provoqué une grosse inflammation et j’ai été mis sous antibiotiques pour faire dégonfler tout ça. Il n’était absolument pas question de me les faire retirer en urgence car étant sous chimio, il y avait de trop gros risques de saignements importants. Je ne pouvais que manger et boire avec une paille, et encore, ce n’était pas évident car le fait d’avaler me provoquait aussi de grosses douleurs. Et les médecins qui me disaient de bien manger pour reprendre du poids le plus rapidement possible… Ben c’était bien raté pour le coup ça… Pendant toute cette semaine, ma pauvre Vanessa a été obligée de passer au mixer tout ce qu’elle cuisinait pour que je puisse l’avaler… Ce ne fut pas une de nos meilleures périodes, croyez-moi !... Au final, l’inflammation s’est progressivement résorbée, les douleurs ont petit à petit disparu et j’ai pu finalement ouvrir de plus en plus grand la bouche pour enfin manger quelque chose de solide ! Depuis, je n’ai eu aucun nouveau blocage. Je ne sais pas ce qui s’est passé cette fois-là… De temps en temps j’ai des douleurs dans les gencives et les dents mais rien de comparable à ça heureusement !

Un autre petit désagrément qui m’est arrivé à cause de mon traitement de chimio a été l’apparition de picotements dans mes doigts. Celui-là, ça ne me faisait pas vraiment mal, c’était juste désagréable, mais par contre, le plus embêtant pour moi c’est qu’il ne disparaissait pas. Jusqu’à la fin de mon premier protocole et donc le changement de produits de chimio, j’ai été embêté par ça. Le produit responsable s’appelle l’oxaliplatine (c’est le ox du protocole FolFox…) Les picotements apparaissaient principalement avec le froid. Oui, je confirme, c’était en hivers 2013 qu’on m’a traité avec ce médicament et oui, ça pouvait pas plus mal tomber !... Je sortais tout le temps avec des gros gants et une grosse écharpe sur le visage car quand il faisait vraiment froid dehors, mes lèvres et mes joues me picotaient et il ne fallait absolument pas s’attarder dehors (ce qui convenait parfaitement à Vanessa, en bonne latina habituée à ses 25 degrés qu’elle est…) Sinon, à la maison, impossible de prendre quelque chose dans le frigo et encore moins dans le congel ! Et obligé d’attendre que tout se soit un peu réchauffé avant de pouvoir le prendre… C’était un peu pénible faut bien le dire… Surtout quand j’oubliais et que machinalement, j’ouvrais le frigo pour me sortir un truc… Mais bon, dans mon cas, les picotements n’apparaissaient qu’avec le froid et uniquement dans les doigts et un peu le visage. Pour certaines personnes, ces picotements sont permanents, même bien au chaud, et ils touchent aussi les jambes et les pieds et donc affectent grandement la capacité à marcher. Ça, ça n’aurait pas été la joie pour moi donc finalement, je ne pouvais pas franchement beaucoup me plaindre de cet effet…

Un autre effet secondaire un peu embêtant qui m’arrive de temps en temps (mais maintenant que j’y pense, c’est de moins en moins souvent en ce moment… plutôt bon signe !...), c’est les saignements. Désolé si vous êtes en train de manger en lisant ces lignes, ça peut vous couper l’appétit mais bon, on n’a pas idée de lire un blog sur le cancer en mangeant, non mais franchement, qu’est-ce qui vous passe par la tête ? Bon bref, il m’arrive de temps à autre de saigner un petit peu du nez. Ça arrive comme ça, sans prévenir et c’est toujours au même endroit, dans ma narine droite. Vous vous souvenez de ma folle nuit de vomissement (oui, bon appétit encore une fois…) avec la débile d’infirmière qui m’a posé une sonde gastrique quasiment à sec ? Ben celle-là, elle n’a pas fait les choses à moitié et je pense qu’elle m’a bien amoché ma cloison nasale à cet endroit. Donc pendant les périodes où mes plaquettes sont au plus bas, les saignements arrivent très facilement. Un petit grattage de nez, un redressement trop rapide ou n’importe quoi et pouf, je saigne de la narine droite. La plupart du temps ça s’arrête assez vite mais il est arrivé une fois où le sang ne voulait pas s’arrêter et avec Vanessa, on s’est vraiment posé la question d’aller aux urgences… Mais finalement, au bout d’un quart d’heure et quelques kilos de coton, ça s’était arrêté. Ouf, pas de quatrième séjour aux urgences…

Et enfin, un dernier petit effet secondaire pas marrant mais quand même le moins dramatique de tous, c’est la chute de cheveux qui s’est produite au bout de quelques séances de mon deuxième protocole de chimio (le Folfiri…) Le premier protocole n’agissait pas du tout sur les cheveux donc j’avais pu garder ma belle toison sans problème. Pour le deuxième protocole, c’était un peu plus coton. Déjà, le médecin m’avait prévenu que j’avais environs une chance sur trois que mes cheveux se mettent à tomber. Pourtant, il existe des petites astuces pour diminuer ce phénomène. Pendant les séances de chimio, les infirmières proposent de porter des casques réfrigérés sur la tête. D’après ce que j’ai compris, le froid sur les cheveux bloque l’arrivée des médicaments dans le système capillaire et réduit la chute. Mais pour moi, le port de ce casque était impossible en raison du premier protocole de chimio que j’avais subi et notamment à cause cette fameuse oxaliplatine : en raison des picotements produits, le froid sur la tête n’était pas conseillé pour moi. Bon, je ne regrette pas ces espèces de casques bizarres… Les quelques personnes qui les portent en séance de chimio s’en plaignent quand même beaucoup : ce n’est pas vraiment pratique, c’est lourd et le froid est apparemment très fort et beaucoup de personne sont obligées de l’enlever en cours de traitement… Pour moi, la chute de cheveux s’est produite après trois ou quatre séances de chimio. Mais attention, quand on parle de la chute des cheveux, ce n’est pas tout à fait exact… Il s’agit de la chute de tout ce qui est poil aussi ! Enfin, ça doit être différent pour chaque patient je pense. En ce qui me concerne, ça a été assez bizarre. Mes poils sur tout le corps sont énormément tombés à tel point que j’en semais partout comme un vulgaire matou au printemps… Mais curieusement, ma barbe est pratiquement restée intacte !... Va comprendre, Charles… Quant à mes cheveux, ils sont aussi tombés en abondance et si ma cure n’avait pas été suspendue pour ma première opération au poumon, je pense que j’aurais eu recours à la tondeuse et effectué une « troispoilssurlecaillouctomie ». En effet, mon deuxième protocole de chimio a été stoppé environ pendant 5 semaines pour l’opération et pendant cette période, tout a repoussé… Et malgré la reprise du traitement, plus rien ne tombe maintenant… Pourvu que ça dure !

Publié dans Vie quotidienne

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Stéphanie 22/05/2014 15:13

Hello Fred !
Quelle misère ces effets secondaires...
Je croise les doigts pour le scanner de vendredi !
biz

Aurélie 20/05/2014 08:01

Coucou Fredo !
Quelle galère tous ces effets secondaires !!! En tout cas je veux juste que tu saches qu'on pense très très fort à toi et à Vanessa, et que à vous deux vous avez une force incroyable alors cassez lui la figure à cette foutue maladie !!!
On vous embrasse très fort et on croise les doigts et tout ce qu'on peut pour le scanner de vendredi !!!