Vigny 2.0

Publié le par Fred

Bonsoir à tous !

J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes, et que cette nouvelle année sera pour vous et tous vos proches une très bonne année !

Allez, je reprends le blog.

Je respire bien profondément...

Je déglutis...

Je serre les dents...

Et je me jette à l'eau...

 

La nuit

Sommeille,

Un bruit

S’éveille…

 

Je le connais

Ce bruit, je sais

Qu’il sera là

Tout près de moi,

 

Toute la journée sur mon dos,

Vrillant mon crâne de ses piques,

Tel un corbeau noir maléfique,

Il me fait voir tout ce chaos :

 

Ne pas savoir quand tout ça va se terminer,

Vouloir hurler ma rage à la planète entière,

Laisser mon âme patauger, se démener

Dans les marécages puants de la colère,

Voir tous ces gens dans leur lâche médiocrité

Parler et soupirer et se plaindre et gémir

De leur grand malheur, de la monstruosité

De la vie, qui contrarie leurs petits désirs…

Pourquoi moi ? Pourquoi subir cette odieuse injustice ?

Pourquoi me pousser à haïr le monde entier ?

Qui pourra justifier ces terribles supplices ?

Qui osera dénier mon droit de crier ?

 

Moi. Je le ferai. Calme-toi.

Pleurer, gémir et regretter

Ne sont pas dignes, ressaisis-toi !

Affronte ce bruit sans bouger.

 

Le grand silence

Que je prononce

Est ma réponse

A sa violence.

 

La nuit

Descend,

Le bruit

Se rend.

La nuit

Sommeille,

Un bruit

S’éveille…

Je le connais

Ce bruit, je sais

Qu’il sera là

Tout près de moi,

Toute la journée sur mon dos,

Vrillant mon crâne de ses piques,

Tel un corbeau noir maléfique,

Il me fait voir tout ce chaos :

Ne pas savoir quand tout ça va se terminer,

Vouloir hurler ma rage à la planète entière,

Laisser mon âme patauger, se démener

Dans les marécages puants de la colère,

Voir tous ces gens dans leur lâche médiocrité

Parler et soupirer et se plaindre et gémir

De leur grand malheur, de la monstruosité

De la vie, qui contrarie leurs petits désirs…

Pourquoi moi ? Pourquoi subir cette odieuse injustice ?

Pourquoi me pousser à haïr le monde entier ?

Qui pourra justifier ces terribles supplices ?

Qui osera dénier mon droit de crier ?

Moi. Je le ferai. Calme-toi.

Pleurer, gémir et regretter

Ne sont pas dignes, ressaisis-toi !

Affronte ce bruit sans bouger.

Le grand silence

Que je prononce

Est ma réponse

A sa violence.

La nuit

Descend,

Le bruit

Se rend.

Publié dans Décalé

Commenter cet article

Raymari 03/03/2016 22:45

Il est beau ton poème... Je suis de l'autre côte de la barrière tu le sais, du côté des "accompagnants" et il me parle...

Mme Pimpante 05/02/2016 21:16

Merci pour ces mots, cela aide a passer outre les engouasses, merci

Irina 29/01/2016 12:00

Bonjour Fred, je suis nouvelle sur ton blog que j'ai commencé à lire seulement hier et je l'ai terminé ce matin. Cela m'a épargné l'attente impatiente de te lire entre chaque article! Mais cela va commencer maintenant que je te suis ;)
Tout cela pour dire que je vous trouve toi et Vanessa incroyablement forts ! Tu écris réellement bien et te lire est vrai plaisir. Tu expliques les choses bien et te savoir si bien entouré par ta femme est rassurant.

Je te souhaite que le meilleur et surtout une santé de fer. Ton texte est bouleversant car je sais combien les personnes non malades peuvent se plaindre de futilités... Mais je sais du coup apprécier cela et relativiser énormément en lisant des blogs comme le tien !!

Bon courage pour la suite du traitement et dans l'attente de te lire!!!!

Nathalie 27/01/2016 14:31

Salut Fred, je ne suis pas encore en retard (yeeees) pour vous présenter tous mes meilleurs voeux pour cette année qui s'annonce très poétique. Bravo ! Toujours à la recherche de l'innovation et du changement, c'est cool quand j'ouvre ton blog, c'est toujours avec plaisir car tu me fais toujours sourire! Keep going Fredo and all the best for 2016 ! Bisous à vous 2 depuis la Hollande

Lello 25/01/2016 09:46

Bonjour Fred et félicitation pour ton poème. Ça m’a donné le coup de fouet dont j’avais besoin après l’annonce de ma récidive. Quatre mois seulement c’étaient écoulés du jour ou on m’annonçait, un peu hâtivement à mon avis, « Vous êtes en rémission, monsieur ! » .
La semaine dernière, premier scanner de contrôle et….. paff !! Les œufs cassés : des nouvelles métastases au foie !! Ça m’a mis à plat et j’ai commencé à me replier sur moi-même. Ce matin je suis passé voir ton blog (que j’avais négligé depuis quelque temps, je dois avouer !) et je suis tombé sur tes paroles qui expriment si bien le sentiments de nous tous qui sommes atteint par cette maladie. Merci Fred, merci vraiment d’être là pour nous tous.

Le Rital

Anne 24/01/2016 15:18

les mots me manquent, je les manient tellement moins bien que toi...
alors juste : bravo et merci :) :) :)
... et des millions de pensées...

Poun 23/01/2016 03:02

Bonsoir Fred !
J'ai failli écrire "frère d'arme" ou "compagnon d'infortune"...
Je viens de découvrir ton blog et j'avoue avoir les tripes quelque peu nouées depuis la lecture de tes premiers posts. Ce que tu écris résonne dans ma pauvre cabosse et fait pas mal écho à ma propre guéguerre.
Je pense entre autres à l'annonce du diagnostic et à son pronostic pas vraiment cool. Moi, j'ai eu droit à un "Mais on va vous soigner, Monsieur..."
Euh, t'as bien dit soigner... pas guérir... J'ai bien entendu ? J'ai bien pressenti alors que 2014 et suivantes allaient être galère.
Je pense aussi aux passages répétés sur le billard (6 fois en 18 mois). T'es presque un petit kiki à côté !
Les passages répétés dans les zinzins à images (scanner, IRM, scintigraphies et radios de tous poils) Pfff, maintenant on n'a plus besoin des opérateurs, on les règle tout seul...
Les 3 ou 4 jours d'enfer avant l'opération en urgence pour occlusion intestinale.
Le fagot de drains et autres rodons qui sortent du bide à chaque réveil d'anesthésie, la sonde gastrique qui t'explose les amygdales et l'estomac, la pompe à morphine que tu vénères mais qui en retour donne nausées et céphalées.
Le 1er demi verre d'eau et sa mini compote de pomme... Tout ça quoi...
La peur, la colère, le sentiment d'injustice, l'envie de tout laisser tomber suivie de la rage de vaincre ce p*tain de crabe... avec la certitude qu'on va arriver à atomiser sa carapace dussions-nous y perdre notre peau...
Au fait, c'est quoi qui nous donne cette hargne ? Le courage ou l'instinct de survie ?
Sache en tout cas que j'ai reçu ton témoignage comme un hymne à la vie. Il me donnera un coup de pied aux fesses chaque fois que je mettrai un genoux à terre lors de mes coups de mou.
Nous devons aussi rendre hommage et exprimer toute notre gratitude à ceux qui nous entourent. Leur position est difficile mais sans eux n'aurions-nous pas déjà baissé les bras ?
Allez Fred, ne lâchons rien, faisons jouer l'effet cliquet : savourons l'instant présent, il sera le tremplin pour l'épreuve de demain... Moi en tout cas, je ne lâche plus ton blog.
Amitiés du Poun, la marmotte pyrénéenne.

Fred 19/01/2016 11:57

Merci à tous pour vos messages !
Et continuez à m'écrire !... sur ce post ou sur tout autre sujet...

Eric 19/01/2016 09:55

Fredéric, ton beau poème m'a cueilli en pleine âme.
douleurs imprévisibles intenses à l'infini qui tuent la vie.
rage d'avoir à tant souffrir pour continuer à vivre.
Entourage aimé et adoré qui se désespère d'être impuissant.
et tout cela pourquoi? pourquoi?
et puis...
lentement...
la marée de la douleur reflue...
ouf, ça y est, c’est passé... jusqu'à la prochaine fois.
oui, c'était mieux de garder le silence, de ne rien dire.
Toutes mes pensées,
Eric

Alice 18/01/2016 17:17

Meilleurs vœux pour 2016 à toi Frédéric si courageux et à Vanessa qui t'accompagne.
Tu nous transmets un beau poème qui donne à réfléchir...
Nous sommes avec toi en lisant et relisant ton blog.
Ton courage, ta bonne humeur seront le gage de vaincre cette fichue maladie. C'est notre vœu le plus cher cette année.
Bisous à toi et à Vanessa

Hubert 17/01/2016 17:29

Bonjour Fred et tous mes vœux pour 2016 et les 50 ans suivants.
je te souhaite une excellente santé bien-sur mais aussi beaucoup de zenitude.

a bientôt cher ami.

Christian

floriane 17/01/2016 12:57

j'adore !! merci !!!

Hervé 17/01/2016 11:42

Bonjour Fred,
Tous mes vœux pour l'année 2016. Que tu puisse vaincre cette fichue maladie. Selon les dernières nouvelles sur ton blog, c'est plutôt encourageant. Tu es bien courageux et ton blog est très bien fait. Cela nous permet d'avoir de tes nouvelles.

David 17/01/2016 10:56

Merci Fred pour ces mots qui vont droit au coeur! Non c'est pas juste un jeune homme toute la journée sur son dos avec ce corbeau noir dans la tète; Oui c'est normal vouloir hurler ça rage à la planète entière,
de pleurer et gémir... dur dur de supporter ces supplices des année durant, trop dur...
Fred, pas la peine de chercher justice dans la distribution des cartes - pas d'égalité, pas de mérite dans tout cela, chaqu'un son destin en ce qui concerne la vie sur terre, et c'est quoi la vie sinon une bref lumière entre deux éternités? Je te souhait d'avoir la force de continuer ton combat et la volonté de le partager avec nous les autres - ça donne un sens a nos existences médiocres

florence 17/01/2016 08:58

Magnifique! et tellement vrai....
Bravo pour ce poème et bravo pour votre courage!
tous mes voeux

Dawid 17/01/2016 05:00

Je suis pas connaisseur, mais je suis assez impressionné, bravo. Par contre je m'attendais a une grosse blague a la fin, mais non, t'es resté serieux !

Cédric 16/01/2016 23:34

Très beau poème, Fred

Marie Jeanne 16/01/2016 23:26

Waouh Fred ! C'est beau ! Ca prend aux trippes !
Et la forme !!! Comme une vague qui gonfle ! le flux et le reflux ! Ta colère contre tout ça qui enfle et se calme ! Et tout qui rime ! Magnifique !!!! Bravo ! Mais surtout bravo pour ton immense courage ! Gros gros gros bisous !