Urgences, Episode 4.

Publié le par Fred

Urgences, Episode 4.

Alors, vous flippez un peu, hein ?

Mince, qu'est-ce qui s'est passé ? J'ai raté un truc ou quoi ? Pourquoi il est retourné aux urgences ?

Ne vous inquiétez pas braves gens, ce n'était pas pour moi. Enfin, si, inquiétez-vous quand même un peu car c'est Vanessa qui s'est retrouvée là-bas la semaine dernière ! Pour moi, tout va bien... enfin, non pas vraiment mais je vous raconterai ça après.

Donc voilà, mercredi dernier donc, c'était urgences party ! Et de nuit s'il vous plaît, comme ça c'est encore plus drôle... Mais avant de vous raconter tout ça, il faut que je vous dise deux choses, deux leçons très importantes que j'ai tirées de cette histoire...

Tout d'abord, j'ai pu voir ce qu'étaient les urgences de l'autre côté... du côté de l'accompagnant, du pauvre idiot qui attend de l'autre côté de la porte, celui qui gêne un peu, qu'on regarde bizarrement en se demandant ce qu'il peut bien faire ici, ah oui c'est vrai, il est venu avec la fille de la 10... Et finalement, c'est vraiment pas le meilleur côté, tout compte fait...

Ensuite, la deuxième chose que j'ai apprise, c'est que j'ai acquis un super pouvoir. Si. Enfin, c'est l'impression que j'ai. J'appellerais ça mon nouveau super sens anti enfumage de médecin. Vous allez rapidement voir de quoi je veux parler.

Toute cette histoire a donc commencé mercredi dernier. C'était une super journée en fait. Enfin, jusqu'à 18h, après c'est parti en sucette... Ce jour-là, j'avais rendez-vous avec mon oncologue pour ma visite mensuelle. Comme toujours, Vanessa m'accompagnait. On a fait le point sur mon traitement, et tout était plutôt positif. C'est donc assez contents qu'on est rentré chez nous.

Malheureusement, c'est précisément quand on est arrivé à la maison que les choses se sont mis à dérailler sévère. Toute la journée, Vanessa avait eu une petite douleur sur le côté. Une fois chez nous, elle a pris un petit doliprane pour soulager la douleur. Sauf que ça n'a rien soulagé du tout. C'était même tout le contraire. Une heure plus tard, la douleur la pliait en deux et aucune position n'arrangeait rien du tout. Voyons voir Fred, une grosse douleur sur le côté droit, ça ne te dirait pas quelque chose par hasard ? Ben un peu que ça me disait quelque chose... ça clignotait même en gros néon rouge partout dans l'appart : APPENDICITE. (vous vous souvenez que je l'ai eue quand j'étais petit ? Et que tout le monde s'en fichait quand ils me demandaient quand j'avais déjà eu une anesthésie générale ?).

Bon, à ce moment là, on avait pu trop le choix : sos médecin... qui ne pouvait rien faire pour nous (pareil, vous vous souvenez que c'est eux qu'on avait d'abord appelé cette fameuse nuit de décembre 2012 ? Et non, ils n'avaient rien pu faire non plus pour nous à ce moment là... sos médecin, quand est-ce que vous vous décider à renforcer vos équipes ?) Viens ensuite le tour de sos 92 et là, miracle, un médecin veut bien venir nous voir. Il arrive vers 20h. Après une petite auscultation, un petit examen nos craintes sont confirmées : suspicion d'appendicite. Il nous explique qu'il n'y a pas tous les symptômes mais quand même un bon nombre. Par précaution, il vaut mieux aller à l’hôpital. Il contacte donc une ambulance et on lui dit qu'on préférerait aller aux urgences de St Joseph, qu'on connait bien. Pas de problème pour lui, après quelques minutes au téléphone, l'ambulance est en chemin.

Enfin, quand je dis en chemin, je me comprends... disons que l'ambulance est prévenue qu'il faudrait penser à réfléchir à se diriger doucement vers chez nous... Ils arrivent environ 45 minutes plus tard et en bons professionnels, sitôt entrés dans l'appart, ils se précipitent directement... à la fenêtre :"Oh, vous avez une super vue dites donc ! Euh oui, merci, mais ça ne vous dirait pas de vous intéresser aussi à la jeune femme qui se plie de douleur derrière vous ?" Bon c'est la rançon de la gloire ça... La prochaine fois, je penserai à fermer les volets pour ne déconcentrer personne.

Les ambulanciers refont ensuite un rapide petit bilan à Vanessa, pendant que j'essaye de rassembler tout ce dont on va avoir besoin. Puis finalement, c'est le moment de partir. Ils installent Vanessa dans une espèce de petite chaise roulante et c'est à ce moment que m'est posée une importante question : "Vous nous accompagnez, Monsieur ?" Oui texto, comme ça, pouf. Et pas sur un ton encourageant, d'un air de dire, allez, c'est bon, on y va, suivez-nous... Sur un ton de vraie question, comme si c'était la première fois qu'on leur faisait le coup ! J'ai mon manteau, ma casquette, tous les papiers nécessaires et mes clés dans la main et ça a l'air de les étonner... Ah bon, vous nous accompagnez ? C'est vrai ça, c'est que ma femme qui est pliée en deux de douleurs après tout, pourquoi je me monte le bourrichon comme ça moi ? Je vais plutôt rester à la maison et me mater un bon film ! Ou alors, autre explication possible, peut-être ils pensaient que j'allais y aller en volant... ou en téléportation... du coup ils étaient étonnés que je veuille m'abaisser à prendre un moyen de transport aussi banal qu'une ambulance... Non mais vraiment, je ne sais pas...

Bon tout ça, je vous le dis maintenant, mais sur le coup, j'ai juste répondu "ben oui" et hop on était parti. Le trajet a duré un gros quart d'heure, ils ont utilisé 2 fois la sirène (oui, pour regarder la belle vue par la fenêtre, ils ont tout le temps, mais pour un feu rouge, c'est une urgence, dégagez tous !)

Ce qui a de bien quand on est emmené aux urgences en ambulance, c'est qu'ils s'occupent de tout. Toute la corvée administrative d'admission nous est épargnée, et ça, ça n'a pas de prix. Vanessa est donc tranquillement installée sur un brancard et on commence à attendre. La bonne surprise, c'est qu'il n'y a pas grand monde et ça n'a pas l'air d'être une soirée particulièrement agitée. Faut dire qu'on est en semaine et qu'il est encore tôt. 22h15 pour être précis. Il n'y a que 4 personnes avec nous : 2 jeunes qui doivent attendre quelqu'un, et un couple dont la femme n'a pas l'air bien. Ce qui fait une personne à passer au tri avant nous. Cool, ça devrait aller vite. A noter que ces 4 personnes parlent tous espagnols. Je souligne donc ce fait à Vanessa d'un de mes fameux traits d'esprit à l'humour ravageur : "Ah ça doit être la salle d'attente pour les latinos..." Bizarrement, ça ne l'a pas fait du tout rire. Mais c'est normal, elle souffrait beaucoup trop, la pauvre enfant, mon génie spirituel et drolatique lui était momentanément inaccessible...

Comme on le pressentait, on est passé assez vite voir l'infirmière de tri. Elle lui a posé les questions d'usage, notamment la fameuse question que moi-même je connaissais très bien : "sur une échelle de 10, à combien estimez-vous votre douleur ?" En toute modestie et simplicité Vanessa a répondu 10, mais apparemment ce n'est pas accepté, la fille a juste rigolé en attendant une vraie réponse. Vanessa a donc dû réviser son jugement et descendre à 9. Ne me demandez pas à quoi rime tout ceci, je ne sais absolument pas. Pourquoi demander s'ils s'en fichent ? Et si Vanessa avait maintenu son 10 envers et contre tout, il se passait quoi ? rupture du continuum espace-temps ? (Vanessa vient de lire ce paragraphe, je la cite : "je voulais la tuer mais j'avais pas la force...")

L'entretien s'est finalement terminé. Vanessa a tout de même reçu un anti-douleur, puis retour en salle d'attente. Et c'est vers 23h qu'un brancardier est venu la chercher en me disant à moi d'attendre là, on m’appellera, si si, c'est sur et certain, pourquoi personne ne nous croit jamais? Un dernier regard d'encouragement et voilà, les portes se referment derrière Vanessa.

à suivre...

Publié dans Aux urgences

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Céline 21/02/2016 07:38

bravo! C'est en faisant des recherches pour mon papa, malade, que je suis tombée sur votre blog. Pour rien au monde je ne souhaite louper un épisode. C'est incroyable ce style, cette dérision! Quelle plume! En plus cela à le mérite de me changer les idées et j'en ai bien besoin en ce moment... Continuez c'est vraiment super! Vous devriez écrire un livre, il aurait un succès fou!

Irina 17/02/2016 15:33

J'adore ton style! Moi aussi j'ai bien ri... j'attends la suite!!!!!

Fred 17/02/2016 18:05

Merci Irina ! La suite arrive... très bientôt...

Marie Jeanne 16/02/2016 11:18

C'est vrai qu'on rigole toujours sur votre dos mes pauvres enfants !!! Mais c'est ta faute aussi Fred, bon sang, pourquoi faut toujours que tu plaisantes sur tout ! Mais c'est aussi pour ça qu'on adore te lire !!!!
Le "miserabilis" tu sais pas faire ! Du moins dans tes écrits !!!! Gros bisous à tous les 2 !!!

Isabelle 16/02/2016 09:44

Mais quelle plume, tu as ! C'est incroyable ! J'ai bien ri, une fois de plus. Même si je compatie avec Vanessa. J'ai moi-même été opérée de l'appendicite ! Et merci aussi pour le petit coup de pub pour Louis (bien-être en Lorraine).

Fred 17/02/2016 18:04

Merci Isabelle ! Merci à vous pour votre accueil !