Folfiri ra bien qui rira le dernier

Publié le par Fred

Et j'espère bien que ça sera moi !

Oui parce que ces derniers jours, je n'ai pas trop rigolé. La reprise de chimio a été plutôt dure. Je la redoutais et elle ne m'a pas déçu. Bon, ça aurait pu être pire hein, comme quand j'ai repris le folfox l'été 2014 par exemple. Mais quand même, j'ai été bien secoué.

Mais reprenons depuis le début.

Je vous avais laissé la dernière fois pile le jour de mes 40 ans. (D'ailleurs un grand merci à vous tous qui m'avez laissé un petit message sur le blog ou sur facebook !) Le lendemain, je me retrouvais déjà en salle de chimio pour le début de mon protocole. Rapide n'est-ce pas... En fait, j'avais un rendez-vous avec l'oncologue le 19 avril pour mettre tout en place. Il m'avait demandé quand je voulais reprendre et je lui avais dit le plus vite possible. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il m'a pris au mot, pour un peu il me piquait même sur le champs je pense...

Je me suis donc retrouvé en deux temps trois mouvement, avec dans les mains, mon rendez-vous de chimio, tout un tas de nouvelles ordonnances, principalement pour contrer les futurs et malheureusement inévitables effets secondaires, un nouvel arrêt complet de travail et un bon de transport pour le lendemain. Croyez-moi, ça fait un joli petit arc-en-ciel de formulaires cerfa tout ça ! Mais bon, arc-en-ciel ou pas, il fallait bien que je m'y fasse : le lendemain, j'avais chimio.

Bon, une chimio, voyons voir, comment ça marche ce machin déjà ? C'est que ça commence à faire un bail que je n'y suis pas allé. Ah, si seulement je pouvais trouver un blog sur internet où quelqu'un me décrirait tout ça avec précision et clarté, avec en prime un fabuleux humour sophistiqué et des traits d'esprits toujours plus vifs et acérés... mais où trouver une telle pépite ?

Bon trêve de plaisanteries, il a bien fallu que je me remette dans le bain. Il me fallait préparer mon sac comme je le faisais autrefois : des petits trucs à grignoter, la tablette chargée, tous les papiers administratifs prêts et à portée de main, la pochette du baxter récupérée au fin fond du placard. Ah, petite question importante : qu'est-ce que je fais avec mes amis les taxis ? Est-ce que je me fais encore arnaquer à acheter des idiots de jetons sur internet pour pouvoir commander un taxi en avance et être sûr d'en avoir un à la bonne heure ? Ou est-ce qu'on verra bien demain matin, à l'arrache, quitte à risquer d'être en retard ? Evidemment, depuis le temps, j'ai perdu les coordonnées du taxi sympa que j'avais trouvé et que j'appelais un peu quand je voulais... Bon, je suis attendu à 10h, je ne dois pas voir l'onco avant la chimio donc je ne suis pas si pressé que ça, donc, j'appellerai demain et j'arriverai à l'heure que j'arriverai.

Bizarrement je n'ai pas passé une mauvaise nuit. On s'est couché ni trop tôt, ni trop tard (ça veut dire minuit pour nous...) et j'ai relativement bien dormi, sans angoisse particulière. Le lendemain matin, on s'est réveillé à 8h30-9h (Vanessa 8h30, moi 9h...) Une petite douche, un léger petit déj et hop, je suis au téléphone pour appeler mon taxi. Cela va très vite et le taxi est là à peine 10 min plus tard. Et surprise, il n'a que 2,90 euros au compteur... Aurais-je finalement trouvé le taxi parfait après tout ce temps ? Malheureusement, ça ne sera pas encore pour cette fois... ben oui, le taxi parfait passe en tarif A dans Paris hein... Lui est resté en tarif banlieue jusqu'à l'hôpital... Ma quête continue...

Bon en tout cas, moi, je suis parfaitement à l'heure pour ma chimio. La veille, mon onco m'a dit d'aller directement en salle, qu'il prescrirait la chimio en avance et qu'elle serait là quand j'arriverais. Et effectivement, je suis parfaitement attendu et je peux m'installer dans la salle. Une première chose me surprend tout de suite : je ne connais aucune infirmière, elles sont toutes nouvelles. Va falloir faire avec. Je suis assez vite pris en charge par l'une d'elle qui prend mes constantes : température, tension, saturation, pouls, tout est ok. C'est maintenant que je vais passer mon premier vrai test : est-ce que mon PAC va sortir de son hibernation sans problème ? Eh oui, ça fait presque 2 ans qu'il n'a pas fonctionné alors il a très bien pu se boucher pendant cette période. Et s'il est bouché, il faudra le changer. Et s'il faut le changer, il faudra me charcuter. Allez, petit PAC, mon cher PAC, pas de blague maintenant hein ? D'acc ? Tu te réveilles hein ? L'infirmière me demande d'inspirer un grand coup et pouf, elle me pique. Elle presse ensuite une seringue puis essaye d'avoir un reflux... qu'elle obtient sans problème ! Je vois la tubulure se colorer d'un beau joli rouge, mon sang ! Le PAC fonctionne parfaitement, dans ton c.. la charcuterie !

La prémédication commence : anti-nauséeux, calcium, potassium et un petit peu de corticoïdes et maintenant entre en scène la chimio proprement dite : une poche de 270 ml d'irinotécan à faire passer en 1h30. Et c'est parti...

J'ai commencé à ressentir un petit quelques chose au bout de 30 min, mais vraiment pas grand chose. Ensuite, au bout d'une heure, j'ai commencé à ressentir les effets du produit et principalement ce goût bizarre en bouche, cette langue pâteuse, pleins d'odeurs qui deviennent petit à petit écœurantes : aucun doute, je n'allais pas échapper au retour des nausées. A la fin de l'injection, elles étaient belles et bien là... J'ai eu droit ensuite à un peu de rinçage puis l'infirmière m'a branché mon baxter rempli du 5FU qui va diffuser pendant 48h. Retrimballer cette petite bouteille partout où je vais pendant 2 jours ne m'enchante pas mais ce n'est pas ce qu'il y a de pire. Après cette dernière opération, je suis libre. On ne s'est pas attardé très longtemps et un peu après 13h, on était à l'accueil de l'hôpital pour demander un autre taxi conventionné pour nous ramener chez nous.

Depuis 2014, l'hôpital a changé de compagnie de taxi : elle n'appelle plus les G7 mais les Taxis bleus. Je ne sais pas si on gagne au change... ça n'a pas l'air d'être trop des flèches dans cette compagnie, en tout cas si je me base sur les deux trajets que j'ai effectués avec eux. Mais bon, faudra bien faire avec.

Il est 13h45 quand on arrive chez nous et je vais direct au lit. Je n'ai rien mangé depuis le petit déj de ce matin mais il est absolument impossible que j'avale quoi que ce soit. J'arrive à dormir une bonne partie de l'après-midi. Les nausées sont bien présentes mais ne se transforment pas en vomissement, ce qui est pas plus mal. Le soir, toujours impossible de manger, je ne bouge pas du lit et je me rendors pour la nuit entière.

Le lendemain matin, devinez qui se réveille avec moi ? Oui, Vanessa, évidemment... mais aussi mes nouvelles amies collantes les nausées ! Il est l'heure de prendre toute l'artillerie lourde médicale pour les combattre : emend, prinpéran, zophren... Après tout ça, je réussis à boire un peu de jus de fruits bien frais et manger quelques biscottes avec un peu de beurre. Je n'ai pas beaucoup d'énergie donc je reste au lit tout le matin à somnoler. Je me lève un peu à midi pour grignoter quelques petits trucs mais ce n'est pas une grande réussite donc je ne tarde pas à aller me recoucher.

Le soir arrive et je suis un peu plus en forme. Je peux me lever pour aller regarder la télé au salon sur le canapé. Oui, ça n'a pas l'air, mais c'est un énorme progrès ! Vanessa m'a préparé sa fameuse gélatine à la fraise et des toasts biscottes/emmental/jambon et tout ceci passe plutôt bien. Je n'ai pas du tout envie de dormir pour le moment et je passe la soirée à regarder la télé jusqu'à passé minuit. Je vous dirais bien que j'ai profité de cette soirée pour me reconnecter au monde, que j'avais un peu oublié pendant deux jours, en regardant informations, magazines d'actualité et autres documentaires mais non, ce soir là, j'ai loué mon cerveau à Marvel : j'ai regardé Captain America et Iron Man.

Le vendredi suivant, c'est J3, je dois retourner à l'hôpital. Mais je ne suis attendu qu'en début d'après-midi donc on peut prendre notre temps. Une nouvelle fois une petite salve de médicaments puis petit déjeuner aux biscottes et beurre. Je renonce au jus de fruit car trop sucré, il me donne la nausée. Ces brusques changements de goûts ne me surprennent plus maintenant, faut juste s'y faire. On est attendu à l'hôpital à 13h30, on est large, mais faut pas trop traîner non plus. Je voudrais bien prendre une petite douche avant de sortir car je me rends bien compte qu'après 2 jours enfermé et au lit, mon odeur corporelle est quelque peu suspecte... Mais je n'ai tout simplement pas l'énergie nécessaire pour ça. Tant pis, toute façon, dans les salles de chimios, ça ne sent pas exactement la rose non plus.

Une nouvelle fois, il est très facile d'obtenir le taxi conventionné qui va bien et on est parfaitement à l'heure à mon rendez-vous. Je m'installe dans la salle et je reçois exactement la même chose que le premier jour : prémédications, corticoïdes et en avant pour une nouvelle poche de 270 ml d'irinotécan sur 1h30. Je ne sais pas trop à quoi m'attendre, c'est la première fois que je teste ce mode d'administration en 2 fois sur 3 jours. Pour mon premier protocole Folfiri, je recevais la dose entière dès le premier jour. J'espère juste que les nausées ne vont pas s'additionner à celles déjà présentes car ça deviendrait carrément insupportable.

La perf avance et je suis à l'affût du moindre signe, de la plus petite réaction de mon corps. Je regarde passer le temps doucement sur la machine, en redoutant l'instant où je devrai courir au toilettes pour vomir. Heureusement pour moi, cet instant ne viendra jamais. A la fin de la perf, je suis peut-être un peu plus nauséeux qu'au début mais rien de dramatique, rien que je ne puisse gérer. L'infirmière vient me dépiquer et me revoilà libre comme l'air. Il est 16h. Un dernier petit tour en taxi et nous voilà rentrés à la maison. Les nausées et la fatigues sont bien là. Mais maintenant, je sais qu'elles ne vont que régresser et que dans quelques jours, elles auront disparues.

J'écris ces lignes le mercredi 27. Je me sens en bien meilleure forme qu'il y a une semaine mais malgré tout, je ressens toujours quelques épisodes de nausées de temps en temps. En fait, si je reste trop longtemps sans manger, c'est là qu'elles réapparaissent. Me voilà transformé en ventre sur pattes, à grignoter un peu tout le temps. J'ai aussi des envies brusques qui me prennent tout à coup, sans explication : l'autre jour, c'était les cornichons. N'importe quoi. Mais je ne pouvais plus penser à autre chose. Heureusement qu'il en restait dans le frigo, le pot y est presque passé en une seule fois !

Mais attendez-voir un peu... des nausées, des envies subites de grignoter n'importe quoi... voilà que je me transforme en femme enceinte moi ! J'espère pas car pas envie de supporter ça pendant 9 mois...

Bon, me voilà avec une grosse semaine à peu près tranquille avant de tout recommencer mercredi prochain. Je vais essayer d'en profiter !

A bientôt.

Folfiri ra bien qui rira le dernier

Publié dans chimiothérapie

Commenter cet article

Raymari 06/05/2016 22:28

Oh Fred, comme tout cela me parle. Moi qui pourtant ne suis que spectatrice.. Et tu sais ce qui m'interpelle le plus ? Captain America et Iron Man... C'est fou comme mon homme et toi vous vous entendriez bien lol... Et vous n'êtes pas mal tous les deux dans le genre super héros. Bisous

Sarah 02/05/2016 13:10

Je vous envoie plein d'ondes positives pour ce nouveau combat. Je me retrouve dans votre blog. Gemox Folorinox, Folfox...sont entrés dans ma vie! On reste combatif et on garde son humour! Merci pour ce partage. Bonne journée

Anne 01/05/2016 15:42

Coucou j'ai quelques cornichons qui traînent... pour ton prochain marathon dans les Vosges ! gros bisous et garde le cap !

Fred 01/05/2016 16:13

Rhoooo Anne, c'est pas bien de te moquer de tes élèves comme ça...

didier 29/04/2016 10:32

Bonjour fred, bon courage pour la suite, et garde ce ton combatif et plein d'humour pour tes articles. J'aime.

Fred 29/04/2016 16:29

Hello Didier ! Merci à toi, et ne t'inquiète pas, ce n'est pas maintenant que je vais changer !

Marine 28/04/2016 15:47

Gentil petit PAC ! Plein de courage pour ce cycle...

Fred 29/04/2016 16:28

Merci Marine

John 28/04/2016 15:22

Tout le long de l'article j'avais une super vanne de la mort qui t'aurais au moins redonné le sourire pour les 6 prochains mois "Hey mais en fait t'es enceinte". Mais tu l'as faite au dernier paragraphe.

Sous chimio peut-être, mais en pleine forme le Fred.

Fred 29/04/2016 16:28

Ah Ah Ah, John, ne jamais sous-estimer ma tendance à "et une grosse blague pour finir" !

vanessa 28/04/2016 14:07

bonjour , moi pour calmer les nausées j'ai eu droit à seto flm ( c'est un petit film à faire fondre sous la langue !!) plus efficace que les autres médocs !! vous pouvez toujours demander !!bon courage !!!

Fred 29/04/2016 16:27

Merci Vanessa ! merci du conseil, je vais me renseigner...

Jocelyne 28/04/2016 12:50

Bon courage et il va falloir faire un stock de bocaux de cornichons. A bientôt de vos nouvelles !

Fred 29/04/2016 16:26

Merci Jocelyne ! Le stock est prêt...

angelique 28/04/2016 12:25

bon courage et plein de ++++ pour ce nouveau cycle de chimio

Fred 29/04/2016 16:25

Merci Angélique !